פירוש על נדרים 2:1
Shulchan Arukh, Yoreh De'ah
Du vœu qui consiste à s’interdire un objet en l’assimilant à une chose défendue par la Torah
Un homme a dit: «Que ces fruits, ou: que cette espèce de fruits, ou: que les repas pris en compagnie de telle personne, me soient comme la viande de porc, ou: comme l’idolâtrie, ou: comme la viande des animaux non abattus selon le rite», ou bien il a dit: «Que ma femme me soit comme ma mère, ou: comme ma sœur, ou comme les fruits d’une jeune greffe, ou: comme le mélange de semences diverses»: Tous ces vœux sont nuls.(1)D’après Maimonide (chap. III «Des vœux»), il y a trois sortes de vœux: 1° On se défend simplement une chose, sans l’assimiler à une autre, soit en disant: «Je ne toucherai pas à cet objet», soit en disant: «Je fais vœu de ne pas toucher à cet objet». Il y a vœu. 2° On dit: «Que cet objet me soit comme le Temple». Là encore il y a vœu. 3° Mais si l’on dit: «Que cet objet me soit interdit comme la viande de porc», le vœu n’a aucune valeur. En effet on ne peut pas comparer une chose, qui est permise en soi, avec une autre qui est défendue de par sa nature même. Cependant si un tel vœu a été prononcé par un ignorant, celui-ci doit s’en faire faire remise par un rabbin, dont le devoir est alors de lui laisser penser que ce qu’il s’est interdit pourrait bien lui rester interdit, et de chercher un moyen de le dispenser de ce vœu, qui en réalité n’en est pas un. Le rabbin doit recourir à ce subterfuge, afin que l’ignorant craigne à l’avenir de prononcer des vœux irréfléchis.
GLOSE: D’aucuns prétendent qu’aujourd’hui la plupart des Israélites, n’étudiant pas assez la Loi, doivent être considérés comme des ignorants.(a)Cela veut dire qu’aujourd’hui toute personne ayant prononcé un vœu doit s’en référer à un rabbin, pour savoir si ce vœu peut être annulé. D’autres disent que l’ignorant lui-même n’a pas besoin de rabbin pour se faire faire remise d’un des vœux dont on vient de parler(b)Cette opinion nous paraît très juste; il faut chercher à éclairer l’ignorant et à le rendre capable de juger par lui-même., sauf lorsqu’il s’agit du vœu concernant la femme.(c)La question pouvant être très délicate, il vaut toujours mieux s’en rapporter à un rabbin, qui pourra donner un bon conseil.
Un homme a dit: «Que ces fruits, ou: que cette espèce de fruits, ou: que les repas pris en compagnie de telle personne, me soient comme la viande de porc, ou: comme l’idolâtrie, ou: comme la viande des animaux non abattus selon le rite», ou bien il a dit: «Que ma femme me soit comme ma mère, ou: comme ma sœur, ou comme les fruits d’une jeune greffe, ou: comme le mélange de semences diverses»: Tous ces vœux sont nuls.(1)D’après Maimonide (chap. III «Des vœux»), il y a trois sortes de vœux: 1° On se défend simplement une chose, sans l’assimiler à une autre, soit en disant: «Je ne toucherai pas à cet objet», soit en disant: «Je fais vœu de ne pas toucher à cet objet». Il y a vœu. 2° On dit: «Que cet objet me soit comme le Temple». Là encore il y a vœu. 3° Mais si l’on dit: «Que cet objet me soit interdit comme la viande de porc», le vœu n’a aucune valeur. En effet on ne peut pas comparer une chose, qui est permise en soi, avec une autre qui est défendue de par sa nature même. Cependant si un tel vœu a été prononcé par un ignorant, celui-ci doit s’en faire faire remise par un rabbin, dont le devoir est alors de lui laisser penser que ce qu’il s’est interdit pourrait bien lui rester interdit, et de chercher un moyen de le dispenser de ce vœu, qui en réalité n’en est pas un. Le rabbin doit recourir à ce subterfuge, afin que l’ignorant craigne à l’avenir de prononcer des vœux irréfléchis.
GLOSE: D’aucuns prétendent qu’aujourd’hui la plupart des Israélites, n’étudiant pas assez la Loi, doivent être considérés comme des ignorants.(a)Cela veut dire qu’aujourd’hui toute personne ayant prononcé un vœu doit s’en référer à un rabbin, pour savoir si ce vœu peut être annulé. D’autres disent que l’ignorant lui-même n’a pas besoin de rabbin pour se faire faire remise d’un des vœux dont on vient de parler(b)Cette opinion nous paraît très juste; il faut chercher à éclairer l’ignorant et à le rendre capable de juger par lui-même., sauf lorsqu’il s’agit du vœu concernant la femme.(c)La question pouvant être très délicate, il vaut toujours mieux s’en rapporter à un rabbin, qui pourra donner un bon conseil.
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Shulchan Arukh, Yoreh De'ah
Du vœu équivoque et du vœu dans lequel on fait entrer le mot חרם (hérem)
Il faut se montrer très sévère, lorsqu’il s’agit d’un vœu dont le sens est équivoque. Par exemple, si un homme dit: «Que ces fruits soient pour moi comme la viande salée, ou: comme le vin des libations», on peut comprendre: «Que ces fruits soient pour moi comme la viande des sacrifices offerts au Temple», ou: comme le vin versé en libation, au Temple»; le vœu dans ce cas aurait de la valeur, puisque les fruits ont été assimilés à des choses sacrées. Mais on pourrait également comprendre: «Que ces fruits soient pour moi comme la viande salée ou le vin offerts aux idoles», et le vœu serait alors nul, puisque celui qui l’a prononcé assimilait les fruits à des objets défendus par leur nature même.(b)Voir § 205. Les deux versions étant plausibles, on n’admet que la première, à moins que celui qui a prononcé le vœu ne déclare avoir pensé, en le formulant, à la viande et au vin destinés aux idoles; on le croit alors sur parole et son vœu est nul, sans qu’il ait besoin, même si c’est un ignorant, du secours d’un rabbin.(c)Le plus souvent on fait un vœu pour accomplir une bonne œuvre, donc dans de bonnes intentions. C’est pourquoi l’on croit la personne, quand elle dit avoir pensé au vin ou aux sacrifices offerts aux idoles. Dans les pays où l’on a coutume de désigner sous les noms de viande salée et de vin de libation uniquement ce qui était offert au Temple, si celui qui a prononcé le vœu dit qu’il pensait aux offrandes faites aux idoles, on n’ajoutera pas foi à son dire, et il lui faudra remplir son vœu.(d)Cette mesure a pour but de rendre l’annulation d’un vœu très difficile et d’empêcher ainsi l’abus des vœux, plutôt qu’elle ne répond à la crainte d’une duperie.
Il faut se montrer très sévère, lorsqu’il s’agit d’un vœu dont le sens est équivoque. Par exemple, si un homme dit: «Que ces fruits soient pour moi comme la viande salée, ou: comme le vin des libations», on peut comprendre: «Que ces fruits soient pour moi comme la viande des sacrifices offerts au Temple», ou: comme le vin versé en libation, au Temple»; le vœu dans ce cas aurait de la valeur, puisque les fruits ont été assimilés à des choses sacrées. Mais on pourrait également comprendre: «Que ces fruits soient pour moi comme la viande salée ou le vin offerts aux idoles», et le vœu serait alors nul, puisque celui qui l’a prononcé assimilait les fruits à des objets défendus par leur nature même.(b)Voir § 205. Les deux versions étant plausibles, on n’admet que la première, à moins que celui qui a prononcé le vœu ne déclare avoir pensé, en le formulant, à la viande et au vin destinés aux idoles; on le croit alors sur parole et son vœu est nul, sans qu’il ait besoin, même si c’est un ignorant, du secours d’un rabbin.(c)Le plus souvent on fait un vœu pour accomplir une bonne œuvre, donc dans de bonnes intentions. C’est pourquoi l’on croit la personne, quand elle dit avoir pensé au vin ou aux sacrifices offerts aux idoles. Dans les pays où l’on a coutume de désigner sous les noms de viande salée et de vin de libation uniquement ce qui était offert au Temple, si celui qui a prononcé le vœu dit qu’il pensait aux offrandes faites aux idoles, on n’ajoutera pas foi à son dire, et il lui faudra remplir son vœu.(d)Cette mesure a pour but de rendre l’annulation d’un vœu très difficile et d’empêcher ainsi l’abus des vœux, plutôt qu’elle ne répond à la crainte d’une duperie.
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Shulchan Arukh, Yoreh De'ah
Quand un homme, après avoir dit: «Je fais vœu que ces objets me soient hérem» (hérem a à la fois le sens de «consacré» et celui de «filet pour la pêche»), déclare qu’en formulant son vœu il pensait au filet; ou s’il dit: «Que cet objet me soit sacré comme ce qui est offert en sacrifice», et déclare ensuite qu’il pensait aux offrandes faites au monarque(e)Le sens du texte pourrait être également: «offrandes faites par le monarque». Il y a donc équivoque.; ou encore s’il dit: «Que je sois comme l’holocauste», et déclare ensuite avoir pensé seulement à l’os de l’holocauste, son vœu est nul. S’il fait vœu que sa femme lui soit sacrée, et dit ensuite avoir pensé à sa première femme, avec laquelle il a divorcé, ce vœu est de même annulé. Il est annulé sans le secours d’un rabbin, quand il a été prononcé et interprété par un talmudiste, car on a confiance en un talmudiste.(g)On admet qu’un talmudiste ne fera pas ce qu’il sait être interdit. Il peut très bien avoir pensé à sa première femme, puisque, au temps où le Talmud a été écrit, on pouvait épouser à nouveau la femme qu’on avait répudiée et avoir ainsi deux femmes. Remarquons la différence entre le talmudiste et le rabbin. Le talmudiste est une personne qui a étudié le Talmud et qui exerce une profession quelconque, sans se livrer spécialement aux études sacrées. Le rabbin au contraire ne cesse pas d’étudier, il se consacre entièrement à l’étude de la Loi; ce qui ne veut pas dire qu’il ne puisse en même temps exercer une profession lui laissant beaucoup de loisirs pour l’étude. Si c’est un ignorant qui a prononcé le vœu, il doit avoir recours à un rabbin; on veut ainsi éviter que les vœux ne soient traités à la légère.(h)On lit dans le traité Nedârîm (page 20, michenah): «Quand un ignorant prononce un vœu, ce vœu fût-il équivoque, il faut se montrer sévère et ne pas lui en faire remise trop facilement». C’est pourquoi l’ignorant doit toujours avoir recours au rabbin. Si l’ignorant dit au rabbin qu’il regrette son vœu équivoque, cela suffit pour annuler ce vœu. Quand un ignorant a fait un vœu, n’en a pas rempli les clauses, puis est venu quelques jours après en faire part au rabbin, celui-ci ne doit pas le punir en lui faisant observer ce vœu pendant un nombre de jours égal au nombre des jours écoulés, lorsqu’il s’agit d’un vœu équivoque. Mais si le vœu n’est pas équivoque, s’il vise bien une chose interdite par la Torah, celui qui l’a formulé et ne l’a pas observé doit être puni par l’obligation d’en remplir les clauses, pendant un temps égal au temps écoulé entre le jour où il a prononcé son vœu et celui où il en a fait part au rabbin. Quand un homme a fait un vœu presque impossible à tenir, par exemple celui de ne manger aucun fruit de la terre en dehors du seigle, ne l’a pas observé et va s’en ouvrir au rabbin, celui-ci doit lui en faire remise entièrement et sans aucune punition, afin qu’il ne commette pas un plus grand péché en enfreignant son vœu. Un docteur déclare que le rabbin doit se montrer plus sévère, ne pas faire remise au coupable dès que celui-ci a dit regretter son vœu imprudent, mais chercher une disposition de loi qui puisse le libérer. D’après ces principes, on peut poser la règle suivante: Une personne a fait vœu de ne plus manger de viande, de ne plus boire de vin, si elle se rendait coupable d’un certain péché, et, n’ayant pas accompli son vœu, vient s’en ouvrir à un rabbin; celui-ci devra l’absoudre, sans lui imposer l’abstinence pendant un temps égal à celui de la transgression, afin de lui éviter le péché d’enfreindre son vœu.
GLOSE: Mais si le rabbin voit que celui qui se présente à lui est un homme vertueux, capable d’accomplir ce qui lui sera ordonné, il devra lui imposer comme châtiment de ne pas manger de viande, de ne pas boire de vin, pendant un temps égal à celui de la transgression.
GLOSE: Mais si le rabbin voit que celui qui se présente à lui est un homme vertueux, capable d’accomplir ce qui lui sera ordonné, il devra lui imposer comme châtiment de ne pas manger de viande, de ne pas boire de vin, pendant un temps égal à celui de la transgression.
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